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Apprenez à parler comme un jeune: "putain merde, fait chier quoi !"
Comme vous le savez, la langue française a radicalement changé. Non pour une fois je ne parle pas du langage SMS, ni de l'écritude hyper moche des kikoolols. Cette fois je parle de la VRAIE façon de parler, à l'oral bien sur. Les petites insultes qui se glissent à la place des virgules, les petits mots là où il ne devrait pas y en avoir... (Je parle des insultes qui ne visent personne). Et tous les jeunes ne parlent pas comme ça, bien entendu ! J'en suis consciente, mais faire un article sur des jeunes qui parlent bien c'est vachement moins drôle que d'en faire un sur les mimiques des autres :D.

Déjà, première leçon: Un mot essentiel à mettre dans ses phrases: "putain".
Oui, les "putain" insulte peu appréciée par nos chèrs et tendres ancètres (mon dieu que je les comprend quand j'y pense), on finalement remplacé les mots de liaison, les virgules...enfin on les trouve partout quoi.
Prenons une phrase toute bête (merci à Stephane qui m'a servi de cobaye pour toutes les phrases): Le ciel est bleu. Ajoutons un "putain". Ce qui donne: Le ciel est bleu putain !
Ca change radicalement la phrase quand même. On est passé d'un constat, d'une description, à un emerveillement, un étonnement. Et ça c'est cool.
Autre phrase: Je mange du jambon. Ce qui donnerait: Putain je mange du jambon !
Et bien sur on peut faire des remix, style: Je mange du putain de jambon. (J'avoue que les phrases sont pas très intellectuelles, c'est ça qu'est bon)
Donc le mot "putain" est a mettre a peu près...partout, il se case dans tous les endroits, même au risque de rien comprendre à la phrase de départ.
Deuxième leçon: Rajouter des expressions amicales.
Aujourd'hui, on voit beaucoup d'"expressions", comme par exemple: "mon gars", "ma besta", "fait chier", "'t'hallucines", "bah"... ou tout simplement un petit mot presque invisible qui se glisse partout, le "quoi". Reprenons mes exemples de tout à l'heure: Le ciel est bleu. Ce qui pourrait donner quelque chose comme....Le ciel est bleu putain fait chier ! ou encore Bah mon gars, le ciel est bleu ! Le truc qui est cool avec le "mon gars" c'est que vous pouvez le dire même aux filles, elles verront que vous êtes à la pointe de la mode et hyper hype.
Et puis vous le savez, les français sont râleurs, surtout les jeunes. C'est là qu'on voit une proéminence des "fait chier" qui arrivent en masse dès qu'il faut faire quelque chose. - "Tu veux pas mettre la table ?" - "Putain fait chier !"... Ou même en classe "Fait chier encore un exo à faire putain !"
Troisième leçon: Utilisez des mots modifiés et en verlan de préférence.
Vous avez sans doute remarqué que des tas de nouveaux mots sont arrivés, tel que: "kiffer", "chelou", "relou", "chanmé", "tehon" ou encore le meilleur "atchoumer"... Enfin des mots en verlan et certains nouveaux issus de l'imagination des jeunes.
Reprenons notre exemple du jambon: Je mange du jambon. Cela pourrait donner: Je kiffe manger du bonjam chanmé ! J'avoue que ça ressemble pas à grand chose, mais pour certains, ça a de la gueule quand même. Mais bon, ça c'est pas vraiment du langage qu'on entend tous les jours. Et si vous voulez apprendre d'autres petits mots (d'ailleurs certains je les connaissais pas), voici un site très instructif : Dictionnaire de "la Caillera et des jeunes de cité".

Et enfin, agrémentez le tout par des signes oraux avec des "bah", "euh", "pff", "tss"... et vous deviendrez un jeune dans toute sa splendeur ! (Cet article n'a absolument aucune utilité, c'est juste un regard satirique sur le langage des jeunes, et sachez que je parle aussi comme ça.)
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Tags : leçons, satirique, insultes, langage, jeunes
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Commentaires
1Stéphane_8 Janvier 2010 à 14:22Et alors tu vas dans le sud, et ',' = 'putain'. :D
Pff trop d'accord avec toi putain, t'es m'as caille jte l'dit , cimer !
( haha )
3niconar8 Janvier 2010 à 15:39ridiculeJe te signale que du côté de Toulouse (d'où je suis originaire) #putain ces termes remplacent la ponctuation #con
;-)C'est devenu tellement courant de parler comme ça, qu'on s'en rend même pas compte. Ça m'arrive c'est sure! mais pas au point d'en mettre à chaque fin de phrase^^
Par contre le verlan j'y suis allergique!
...toujours beaucoup d'humour dans tes articles, j'aime beaucoup, alors bonne continuation pour la nouvelle année ;-)Ah ah, très bon article. Il m'en rappelle un vieux que j'avais écrit il y a quelques mois de cela : http://xlivetchat.hautetfort.com/archive/2008/12/14/plus-old-school-que-la-generation-50cents-du-velcrou.html
Mais que c'est jeune et frais tout cela :) Je trouve cet article super bien fichu! Petite analyse décalée, loin des crises, des catastrophes: Putain que ça fait du bien!!!!!!!!!
Like it so much!!!!!!!Précision pour ceux qui ne me connaissent pas, il y longtemps que j'ai dépassé le statut de jeune.
Et Dieu sait si j'ai émaillé et émaille encore mes propos de ces fameux petits jurons ! Passé le 45ème parallèle le putain, ou le putain! Con! ou encore le oh! fatch de con ! font partie intégrante du langage local. Et je passe putain d'Adèle, pauvre Adèle qui ne demande rien à personne. Dans le centre c'est cré vindiou, ou encore le nom dé diou qui servent de ponctutation allaint le blasphème à l'insulte.
Le phénomène est aussi vieux que le monde et la faculté de parler.
Le juron n'est pas anodin et il ne faut pas confondre sa finalité avec l'injure. Il ponctue la force d'un sentiment, d'une opinion. Il met en gras ce que l'on dit, si j'ose dire. Il est, tout comme le rire au sens bergsonien, une rupture avec le mécanique et l'habituel.
Il a même acquis ses lettres de noblesse auprès de poètes aussi renommés que le peu contemporain François Villon au XVème siècle ou le grand Brassens dans sa "Ronde des Jurons".
A mes yeux, il est le rot de l'esprit, tout aussi incongru que libératoire.
Là où j'abonde dans ton sens, c'est dans son usage abusif pour masquer la vanité et/ou la vacuité d'un propos ou encore pour compenser l'appauvrissement de la langue.
Le verlan est loin d'être une nouveauté ! Il date du Moyen-Age et son usage populaire, du XVIème siècle. On trouve ses premières utilisations dans des écrits du XIIème siècle dans Tristan & Yseult par exemple et certaines de ces métathèses sont passées dans le langage courant. Ainsi, quand tu parleras de verjus, tu parleras verlan sans le savoir.
Au XIXème siècle, il est essentiellement utiisé par le monde du banditisme, tout comme l'argot et le louchebem. Il revient en force sous l'Occupation, pour les raisons que tu devines. C'est après la guerre, dans les années 50 qu'il s'implantera dans les banlieues.
Comme tu le vois, les mots que tu cites n'ont rien de nouveau.
Et notre langue a emprunté et empruntera encore a une langue que certains condamnent mais utilisent sans le savoir.
Le tout est que ce langage ne tue pas cette langue si riche qu'elle fut celle des rois même quand elle empruntait au populaire.
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